Les IDE se sont stabilisés en Turquie en 2017, après l’important recul enregistré en 2016

En 2017, les IDE se sont stabilisés en Turquie, après l’important recul enregistré en 2016. Les flux à destination de la Turquie ont représenté 7,44 Mds USD. Le niveau de ces flux demeure affecté par les incertitudes liées au contexte politique national. L’Union européenne a confirmé sa première place dans les investissements en Turquie. Ces investissements restent dominés par les services, dont la part croît. La France se positionne en tant que 14ème pays investisseur en 2017, à 107 M USD. Les investissements turcs à l’étranger ont enrayé leur baisse pour se stabiliser à 3,18 Mds USD en 2017. Ces flux sont eux aussi dominés par l’Union européenne, bien que la part relative des Etats-Unis soit en croissance. La France est le 14ème destinataire des IDE turcs, à 30 M USD.

 

Les flux d’investissements directs à destination de la Turquie se sont stabilisés en 2017 et demeurent dominés par l’Union européenne et par les services

 

Après une progression significative en 2015 suivie d’une année 2016 en net recul, les flux d’investissements directs en Turquie se sont stabilisés en 2017, à 7,44 Mds USD (-1,29% par rapport à 2016). Si la performance de 2015 s’explique par deux opérations majeures (BBVA/Garanti et Goldman Sachs/Socar Turquie), les flux d’IDE sont loin de retrouver en 2017 leur niveaux de la période 2011-2013 (supérieurs à 10 Mds USD). L’instabilité de l’environnement juridique et règlementaire a pu avoir un impact sur le comportement des investisseurs, nationaux comme internationaux.

 

Les flux entrants restent dominés par l’Union européenne (à 28), qui représentait 65% des flux à destination de la Turquie en 2017, suivie par le Proche/Moyen-Orient (16%), l’Asie (7%) et les Etats-Unis (3%). Le détail des pays investisseurs révèle la progression de l’Azerbaïdjan et de l’Australie en 2017, même si les Pays-Bas et l’Espagne continuent de dominer les flux entrants avec des montants autour de 1,5 Md USD. La France est le 14ème investisseur en flux en Turquie et le 9ème investisseur européen, à 107 M USD, devançant le Qatar.

 

Les parts enregistrées en 2017 sont similaires à celles observées pour le cumul sur les dix dernières années, hormis pour les Etats-Unis dont la part baisse (6% sur les dix dernières années contre 3% en 2017) et pour le Proche/Moyen-Orient qui voit sa part progresser (14% sur les dix dernières années contre 16% en 2017). En cumul sur les dix dernières années, les Pays-Bas et l’Espagne confirment leur performance mais l’Autriche et le Royaume-Uni se classent respectivement 2ème et 5ème. L’Azerbaïdjan est le 8ème investisseur, derrière l’Allemagne et les Etats-Unis mais devant la Russie et la France. Cette dernière est le 10ème investisseur en Turquie et le 7ème investisseur européen sur la période 2008-2017, cumulant 3,8 Mds USD d’investissements.

 

La répartition sectorielle des flux entrants illustre l’importance des services, dont la part croît et qui représentaient 63,9% des flux en 2017, quand l’industrie et l’agriculture représentaient respectivement 35,7% et 0,42%. Entre 2016 et 2017, il faut relever le recul de l’industrie manufacturière, de la finance/assurance et de l’immobilier, dont les parts passent respectivement de 30% à 17%, de 23% à 19% et de 4% à 0,42% (soit une part similaire à celle de l’agriculture). D’autres secteurs sont, à l’inverse, en forte progression, parmi lesquels la logistique (+113%), la construction (+115%) ou encore l’énergie (+39%).

 

Les flux d’investissements directs originaires de la Turquie ont suivi une trajectoire similaire aux flux entrants, avec une progression marquée des services et une part importante des Etats-Unis

 

Les flux d’IDE sortants ont enrayé le fort recul enregistré en 2016 (-40,6% par rapport à 2015), pour se stabiliser à 3,18 Mds USD (+2% par rapport à 2016) en 2017.

 

En 2017, l’Union européenne (à 28) représentait là encore la majorité des flux d’IDE (52%), quoique concurrencée plus nettement par les Etats-Unis (26%). Malgré les initiatives menées en direction de ces régions, le Proche/Moyen-Orient et l’Afrique demeurent minoritaires dans les flux en provenance deTurquie, représentant respectivement 13% et 2% du total. Les flux en provenance de Turquie sont ainsi majoritairement destinés aux Etats-Unis en 2017, ceux-ci devançant les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Azerbaïdjan. La France est le 14ème pays destinataire des IDE turcs (30 M USD, soit 0,94% du total), entre l’Italie et la Suisse.

 

Les principaux pays destinataires sur le cumul 2008-2017 sont les Pays-Bas (9,49 Mds USD), l’Azerbaïdjan (4,54 Mds USD), les Etats-Unis (4,5 Mds USD), suivis du Royaume-Uni (2,24 Mds USD) et de l’Allemagne (1,48 Md USD).

 

La part du Proche/Moyen-Orient est en recul en 2017 par rapport à celle enregistrée en cumul sur les dix dernières années (18%). La meilleure performance relative des Etats-Unis en 2017 par rapport au cumul 2008-2017 est à mettre en perspective avec le léger recul enregistré par l’Union européenne, attribuable aux tensions entre la Turquie et ses principaux partenaires européens. La France se situe à la 21ème place, cumulant 192 M USD, ce qui dénote une meilleure performance en 2017.

 

Depuis 2013, les flux d’investissements turcs sont de plus en plus marqués par les services (1,74 Md USD, soit 55% du total en 2017), tandis que l’industrie est en recul (1,46 Md USD, soit 45% en 2017). La part de l’agriculture est en progression mais demeure marginale (21 M USD, soit 0,66% en 2017).

 

En 2018, les performances nationales devraient continuer à être déterminées par quelques transactions majeures, à l’image de l’opération QNB/Finansbank en 2016, au profit du Qatar, ou de l’opération Vitol/Petrol Ofisi en 2017, au profit des Pays-Bas. Compte tenu de l’importance du financement externe pour la Turquie, l’évolution du taux de couverture du déficit courant par les investissements directs demeurera un point d’attention, d’autant que celui-ci n’est plus que de 14,9% en 2017, soit une forte baisse depuis 2015 et un plus bas depuis dix ans (à l’exception de 2010). La proactivité de la Turquie en matière d’investissements internationaux est cependant à relever : selon la CNUCED, sur 37 Accords d'Investissement International établis dans le monde en 2016, la Turquie en a signés le plus (7). Réciproquement, la Turquie conserve un pouvoir d’attractivité pour les investisseurs internationaux, se classant selon la CNUCED parmi les pays hôtes les plus prometteurs sur la période 2017-2019.

 

Source : Service Economique de l’Ambassade de France

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