La situation économique et financière de la Turquie

La croissance économique qui a fortement rebondi en 2017 devrait connaître un rythme plus modéré en 2018

 

En 2016, la croissance du PIB turc chutait à 3,2% dans un contexte politique dégradé. L’année 2017 a connu un rebond spectaculaire, avec une croissance économique qui devrait s’établir autour de 7%, dont un troisième trimestre exceptionnel à 11,1% en glissement annuel. La croissance a été tirée par (1) la demande privée, soutenue par des mesures volontaristes telles que l’augmentation des capacités du fonds de garantie du crédit (KGF) destiné à alléger la contrainte de financement des PME notamment, afin d’accompagner la progression des crédits bancaires, ou la réduction temporaire de la fiscalité afin de soutenir la demande des ménages ; (2) les exportations, qui ont progressé de 10,2% par rapport à 2016, bénéficiant de la croissance de la demande externe, notamment en zone euro ; et (3) la reprise du tourisme, le nombre de touristes augmentant de 28% en 2017, pour un total de 32,4 M de visiteurs et les recettes progressant de 19%.

 

Pour autant, l’ampleur de ce rebond en 2017 s’explique également par un effet de base positif du fait d’un recul de l’activité en 2016, notamment au troisième trimestre.

 

Le taux de croissance pour l’année 2018 est attendu autour de 4%. La politique budgétaire expansionniste menée par le gouvernement devrait se poursuivre en 2018, à l’approche des élections présidentielles de 2019. Néanmoins, l’impact des stimuli mis en place par le gouvernement en 2017 se fera moins sentir en 2018. La consommation privée devrait donc ralentir, également en raison de la perte de pouvoir d’achat des ménages liée à l’inflation élevée. Par ailleurs, des signes d’excès d’offre apparaissent dans le secteur des BTP, ce secteur ayant été particulièrement dynamique les années précédentes.

 

Des déséquilibres internes persistants : inflation et chômage élevés

 

Si, ces dernières années, le taux d’inflation paraissait relativement maitrisé, passant à un seul chiffre, l’année 2017 a connu une forte accélération. Ainsi, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 11,9%, un résultat bien supérieur à l’objectif initial de 5% fixé par la Banque centrale. Cette accélération s’explique par la remontée des prix du pétrole, le dynamisme de la demande interne, une détérioration dans la formation des prix et la dépréciation de la livre turque. La détérioration dans la formation des prix se reflète notamment dans les anticipations d’inflation (supérieures à 10%), qui conduisent à la formation de boucles auto réalisatrices, que ce soit dans la formation des salaires ou des prix à la production. A noter que la Banque centrale a revu sa prévision d’inflation à la hausse pour l’année 2018 à 7,9%, un objectif qui a peu de chance d’être atteint, le niveau d’inflation étant supérieur à 10% au cours des deux premiers mois de l’année.

 

Le dynamisme de la croissance économique ne se matérialise pas sur le marché du travail. Ainsi, le taux de chômage dépasserait les 11% en moyenne en 2017. Les hausses substantielles du salaire minimum ont pu avoir un impact sur le marché formel du travail, décourageant l’embauche des populations les plus vulnérables, les jeunes et les femmes. Dans le même temps, l’afflux de réfugiés a créé un choc d’offre sur le marché informel, provoquent l’éviction de nombreux Turcs du marché du travail. Le taux de chômage devrait légèrement décroître en 2018.

 

Une croissance économique porteuse de déséquilibres externes

 

Le solde du compte courant est structurellement déficitaire en Turquie. En 2017, le déficit courant s’est creusé à 47,1 Mds USD, soit une hausse de 42% par rapport à 2016, dépassant ainsi les 5% du PIB. Il provient notamment de la faiblesse de l’épargne domestique, mais aussi d’un solde commercial déficitaire. Ce dernier a augmenté de 37% en 2017, passant de 56,1 Mds USD en 2016 à 76,7 Mds USD en 2017. Les exportations ont progressé de 10,2% à 157,1 Mds USD, tandis que les importations augmentaient de 17,7% (à 233,8 Mds USD). Le creusement du déficit commercial s’explique principalement par la détérioration des échanges en or et en énergie. Alors que l’année 2016 avait enregistré un excédent commercial de 1,8 Md USD en or, l’année 2017 a affiché un net déficit de près de 10 Mds USD. Le déficit commercial énergétique s’est également creusé, pour s’établir en 2017 à 32,9 Mds USD, avec une hausse de 8,9 Mds USD par rapport à 2016. La hausse attendue des prix des matières premières en 2018 devrait prolonger cette tendance.

 

Ce niveau de déficit courant entraîne une forte vulnérabilité externe, la Turquie étant de fait dépendante des capitaux extérieurs pour financer son déficit. Un resserrement des conditions financières et la remontée des taux dans les économies avancées pourraient rendre plus difficile le refinancement de la dette extérieure de court terme et le financement du déficit commercial. A noter dans ce contexte que les dernières données disponibles indiquent une légère baisse des IDE en 2017 de 1,3% par-rapport à 2016, à 7,4 Mds USD.

 

Une politique budgétaire expansionniste à l’approche des élections en décalage avec les besoins sur le plan monétaire

 

En 2017, l’économie turque a bénéficié du soutien d’une politique fiscale accommodante. Le déficit budgétaire est ainsi passé de 1,1% en 2016 à 1,5% en 2017 (soit environ 10,3 Mds EUR). Cette dégradation s’explique principalement par les mesures gouvernementales introduites pour soutenir la croissance en 2017 : baisse de la TVA et de la taxe spéciale sur la consommation, baisse de la part employeur de la sécurité sociale, incitations fiscales en matière d’investissements et hausse des dépenses d’investissement. En outre, l’excédent primaire s’est réduit de moitié (-54% en g.a), passant de 6,1 Mds EUR en 2016 à 2,3 Mds EUR en 2017. Cette baisse s’explique par une hausse plus élevée des dépenses hors intérêt que des recettes (selon la définition du FMI, le solde primaire est nettement déficitaire et atteindrait 4,9 Mds EUR à fin 2017).

 

Le budget 2018 prévoit une nette hausse du déficit budgétaire (+40% en g.a.) et une nouvelle réduction de l’excédent du solde primaire. Le déficit budgétaire atteindrait environ 15,8 Mds EUR, pour représenter 1,9% du PIB, sous l’effet d’une forte hausse des dépenses militaires et de la prolongation de certaines mesures de soutien à l’économie dans un contexte pré-électoral. L’excédent du solde primaire diminuerait quant à lui à environ 1,3 Md EUR sous l’effet notamment des hausses de dépenses d’intérêt passant de 13,8 Mds EUR en 2017 à environ 15 Mds EUR. La part relative des dépenses d’intérêt dans le budget passerait donc de 8,6% en 2016 à 9,4% en 2018.

Pour autant, avec ce niveau du déficit, le gouvernement dispose encore de leviers pour soutenir la croissance économique en période pré-électorale. Ceci d’autant plus que la dette publique reste contenue à moins de 30% du PIB. La forte réduction de l’excédent primaire constitue néanmoins un point d’alerte alors que les taux de refinancement pourraient augmenter.

 

Un secteur bancaire relativement sain mais un endettement en devises des entreprises à surveiller

 

Après la crise économique de 2001, le système bancaire a connu des réformes structurelles sous l’impulsion du FMI et a convergé vers les standards internationaux de Bâle. La supervision bancaire, assurée par la BDDK, est saluée par les organisations internationales. Les banques turques sont solides, avec un « capital adequacy ratio » de 16,87%, supérieur aux exigences prudentielles de Bâle III. Les banques maintiennent une bonne profitabilité avec un rendement des actifs (ROA) à 2,04% à fin décembre 2017, en progression par rapport à l’année précédente (1,89%), et une rentabilité des fonds propres (ROE) à 16,04%, également en progression (14,28% en décembre 2016). Les crédits bancaires sont en croissance, en particulier les crédits aux entreprises grâce au fonds de garantie du crédit (KGF) mis en place par l’Etat qui permet de garantir entre 90 et 100% des montants des crédits accordés aux PME. Ce fonds est doté d’une enveloppe totale d’environ 60 Mds EUR, dont 47,6 Mds avaient été utilisés en septembre 2017. La qualité des actifs est bonne avec un taux de prêts non performants à un niveau relativement bas (2,96% à fin 2017). Les dépôts bancaires, qui sont liés à un taux d’épargne structurellement bas, sont cependant insuffisants pour couvrir les prêts accordés : le ratio des crédits par rapport aux dépôts dépasse les 123% en décembre 2017. En termes de conformité, l’affaire Zarab ne risque pas d’avoir d’impact substantiel sur l’ensemble du secteur financier, malgré une probable sanction financière des Etats-Unis.

 

En revanche, l’endettement des entreprises en devises étrangères constitue un risque réel, bien qu’en l’état relativement contenu. La position de change, c’est-à-dire ce que représentent les actifs en comparaison du passif, des entreprises en devises est négative à hauteur de 207 Mds USD en juin 2017. L’endettement, en grande partie en dollar, se concentre dans certains secteurs (énergie, construction, acier, transports) et touche particulièrement les grandes entreprises. Le risque est pour le moment contenu puisque la maturité des prêts en devises s’est allongée, que les prêts non-performants restent à un niveau faible et que de nombreuses entreprises génèrent des revenus en devises. Pour autant, le gouvernement a lancé une réforme début 2018 qui interdit aux entreprises ne générant pas de revenus en devises de s’endetter en devises. De nombreuses limites viennent assouplir cette règle. Il reste que, dans le scénario d’une dépréciation rapide et/ou conséquente de la livre turque, le remboursement de ces emprunts pourrait vite devenir insurmontable.

 

Source : Service Economique de l’Ambassade de France

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