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L'environnement des Affaires en Turquie

Portée par la consommation privée et soutenue par un cadre de politique macroéconomique stable, l’économie turque affiche une vive croissance depuis sa sortie de la crise financière en 2001. Entre 2002 et 2007, le PIB turc a enregistré 7% de croissance moyenne annuelle contre 2,8 % dans l’Union européenne (UE). Le PIB turc a atteint 660 milliards d’USD, ce qui a hissé le pays au 17e rang mondial. La restructuration du secteur bancaire, la discipline monétaire fondée sur l’indépendance de la Banque centrale et un régime de change flottant, des politiques budgétaires rigoureuses, la réforme de l’administration et le processus d’adhésion à l’UE, qui s’est accompagné de réformes votés par le Parlement, ont tous contribué à la transformation du pays après la crise de 2001. Les réalisations obtenues depuis sont remarquables. Au cours des trois dernières années, les entrées d’investissement étranger direct (IED) en Turquie ont avoisiné 52 milliards d’USD ; alors que le pays occupait le 53e rang mondial par les entrées d’IED en 2003, il est passé 37e en 2004, 22e en 2005 et 17e en 2006.
Depuis 2005, la Turquie s’est transformé en paradis pour les investisseurs étrangers, grâce notamment à un environnement juridique plus favorable (réforme de juin 2003), à un climat politique plus stable et une croissance économique vertueuse. Le pays est devenu en effet l’une des destinations les plus attractives pour les investissements étrangers (17ème rang mondial en 2006). Un net recul a déjà été constaté au dernier trimestre 2008, où les fusions et acquisitions en Turquie ont baissé de 60% comparé à l’année précédente à la même période. Bien que leur nombre ait légèrement augmenté en 2008 (172 pour 162 en 2007), la valeur totale des transactions a baissé de 18% en 2008 par rapport à l’année précédente (18 milliards de $ en 2008, transactions immobilières comprises, pour 22,2 milliards de $ en 2007).
Le Produit intérieur brut (PIB) de l'économie turque a connu une contraction de 6,2% au quatrième trimestre de 2008, contre une hausse de 7,6% au premier trimestre, terminant l'année sur une croissance positive de 1,1%. La croissance avait été respectivement de 7,6%, 2,8% et de 1,2% pour les trois premiers trimestres de 2008. Touchée par la crise globale, le gouvernement turc est en négociations actuellement avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de plusieurs milliards de dollars (45 milliards $ selon la presse turque le 10.04.2009) qui devrait minimiser les effets de la crise mondiale sur les marchés turcs.
La Turquie doit faire face à des perspectives de croissance négative pour 2009 (-3,6% selon le Gouvernement le 13/04/2009) ; à cela s’ajoutent d’autres facteurs négatifs: un taux de chômage en progression (13,6%), une baisse de la consommation et un recul de la propension au crédit. Le volume des échanges commerciaux de la Turquie avec l’étranger devrait se contracter de 20 à 25% en 2009 selon les estimations, chute qui se fera ressentir en particulier dans les secteurs de l’automobile et du textile. Ces développements défavorables contraignent les particuliers à repousser certaines dépenses de consommation et les entreprises à retarder leurs investissements, à réduire leurs coûts de gestion et à céder certains actifs. On prévoit que cette tendance accentuera la pression sur le secteur du commerce de détail et pourrait ensuite se propager aux grands secteurs de l’industrie manufacturière, comme la métallurgie et la chimie.
L’accroissement du nombre de crédits en attente (à la fois dans le chef des entreprises et des particuliers) et les statistiques relatives aux émissions de « chèques en bois » sont aussi une indication de la tendance vers une recrudescence des déclarations de faillite.
La stratégie très restrictive menée par les banques en raison de ces perspectives pessimistes limite en réalité l’accès au crédit à la fois pour les particuliers et les entreprises. Une des préoccupations majeures à cet égard est le fait que la dette extérieure des entreprises turques a augmenté considérablement, passant de 25 milliards de USD en 2002 à 150 milliards de USD en 2008. Outre les incertitudes quant au renouvellement de ces crédits, une autre menace est liée à la situation à court terme de la monnaie, soutenue par les emprunts extérieurs souscrits principalement pour des emprunteurs non exportateurs.
Perspectives :
Tous les secteurs sont affectés par le ralentissement de l’activité économique, en particulier les secteurs proches du commerce de détail. Le textile, l’automobile, l’électronique et la construction semblent être des secteurs relativement plus exposés pour le moment étant donné la tendance à une très nette diminution des dépenses, les restrictions de crédit et la détérioration de la trésorerie des entreprises. Considérant l’impact de ces prévisions négatives, on peut affirmer que les entreprises, les fabricants de produits et prestataires de services ayant comme particularité une faible élasticité de la demande et ceux qui dépendent davantage des moyens de financement extérieurs, seront particulièrement exposés.

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